Constellation de la chevelure de Bérénice

Catalogue NGC :

 

NGC 5024 (M53), l'amas le plus distant de notre galaxie

Uranographia de Johannes Hevelius, 1690

Cette constellation n'était originellement qu'un astérisme, c'est à dire une figure remarquable dans le ciel dessinée par des étoiles particulièrement brillantes.

 

En général, ces étoiles ne sont liées ni par une interaction gravitationnelle significative, ni par une gestation commune, ce qui fait d'un astérisme un objet céleste plutôt arbitraire et subjectif.

 

Elle est associée à une légende, et est l'une des seules (avec l'Écu de Sobieski) qui doive son nom à un personnage historique, en l'occurrence la reine Bérénice II d'Égypte, épouse de Ptolémée III Evergetes (246 av. J.-C.-221 av. J.-C.), le roi qui a fait d’Alexandrie un important centre culturel.

 

En 246 av. J.-C., le roi entreprit une expédition périlleuse en Syrie contre Séleucos II et sa mère Laodicé Ire. Cette dernière était accusée d'avoir fait assassiner le roi Antiochos II, sa nouvelle épouse Bérénice Syra (sœur de Ptolémée III), ainsi que leur fils. Craignant pour la vie de son mari, Bérénice II d'Égypte se rendit au temple d'Aphrodite pour lui faire la promesse solennelle de sacrifier ses cheveux, si le roi rentrait sain et sauf de la guerre.

 

Quand Ptolémée revint en 243 av. J.-C., Bérénice se coupa les cheveux et les déposa en offrande au temple de la déesse, selon son engagement. Dans la nuit suivante, la chevelure disparut mystérieusement.

 

Ptolémée fit fermer les portes de la ville pour la faire fouiller de fond en comble, mais sans résultat. Pour apaiser le roi et la reine outragés (et pour sauver la vie des prêtres du temple), l'astronome de la cour, Conon de Samos, annonça que l'offrande avait tellement plu à la déesse qu'elle l'avait placée dans les cieux.

Pour « preuve », il montra au couple royal un amas d'étoiles, qui était appelé à cette époque la Queue du Lion, mais qui est maintenant appelé la Chevelure de Bérénice.

 

Mais cette légende est anachronique puisque sur l'Atlas Farnèse qui sert de référence astronomique, nulle trace de la Chevelure de Berenice comme certaines autres constellations comme les Ourses, le Dragon,... La Chevelure de Berenice apparaît vraisemblablement à partir de 1536 mais elle ne sera pas reprise par Johann Bayer dans son catalogue Uranometria.

"Bottes, Canes Venatici, Coma Berenices, et Quadrans Muralis", planche 10 extraite du Miroir d'Uranie, un jeu de cartes célestes accompagné d'un traité de vulgarisation sur l'astronomie de Josaphat Aspin.

La constellation abrite plusieurs objets dignes d'intérêt pour les astronomes amateurs :

 

Melotte 111 :  La plupart des étoiles de la Chevelure constituent un amas ouvert qui n'a pas d'entrée dans les catalogues historiques, parce qu'il est étalé sur une région de plus de 5° près de γ Comae Berenices et que sa véritable nature d'amas ne fut prouvée qu'en 1938 par R.J. Trumpler. Il n’est présent que dans le catalogue établi par Philibert Jacques Melotte, sous la désignation Melotte 111.

 

Situées en moyenne à 288 années-lumière (un des amas ouverts les plus proches de nous), la trentaine d'étoiles de cet amas forme un groupe triangulaire dont les membres les plus brillants sont de l'ordre de la magnitude 5.

 

 

L’amas globulaire M53 , qui est un amas galactique, et ne doit pas être confondu avec Melotte 111, qui est un amas stellaire,

 

La galaxie M64, la Galaxie de l'Œil noir, ainsi nommée à cause de l'amas de poussière sombre près de son centre

 

NGC 4414,une galaxie spirale cotonneuse située à environ 58,7 millions d' a.l.

 

une partie de l'amas de la Vierge (amas de galaxies).

 

Le pôle nord galactique (défini par la perpendiculaire au plan de la Voie lactée), enfin,  est également situé dans cette constellation.

Page créée le 18/06/2018, modifiée le 24/01/2019