NGC 6384

C11 Edge HD, réducteur de focale Célestron x0.72, ATIK 4000 MM, Paramount ME

Logiciels CCD AP MaximDL Pixinsight

10 poses unitaires de 150 secondes en filtre L, 10 en filtre B et G et 9 en R

Résolution de 0.78"

NGC 6384 Planewave CDK 12.5 Jean-Brice GAYET

Planewave CDK 12.5, SBIG STF 3800 , Paramount II

Logiciels CCD commander, TSX, Pixinsight

27L, 28R, 31G et 23B retenues, soit près de 9H de pose mais à 0°C du fait d'une panne de la caméra

acquises le 8 et le 9 juillet 2019 au Nouveau Mexique

Résolution de 0.439 "

NGC 6384 (= GC 5865) est une galaxie spirale barrée intermédiaire située dans la partie nord de la constellation d'Ophiuchus. Per Dreyer la décrit comme « plutôt lumineuse, petite, très peu étendue ». Elle est de type SAB (r) bc, indiquant qu'il s'agit d'une galaxie faiblement barrée (SAB) avec une structure en anneau interne (r) en orbite autour de la barre  et des bras spiraux modérément à faiblement enroulés (bc). Morphologiquement, elle présente un halo elliptique, une spirale floconneuse et un grand nombre de bras de petite taille, lisses et sans signes évidents de grumeaux ou de traînées de poussière dans les parties extérieures. La partie interne du disque présente un ensemble non ordonné de bandes de poussière.

 

Sa distance estimée est de 22,2 Mpc soit un peu plus de 70 millions d'années-lumière (Vo = 1665 à 1780 km/s et Ho = 75 km s-1 Mpc-1) et sa masse est estimée à 105 milliards de masses solaires. Sur cette base de distance, elle couvrirait donc environ 150 000 années-lumière.

Initialement considérée comme une galaxie normale sans activité du  noyau, elle est désormais classée comme objet de transition T2, c’est-à-dire comme une galaxie de type LINER dont les spectres en lignes d'émission sont contaminés par les régions H II du noyau.

De par sa proximité, sa faible inclinaison (i = 47 °) et ses bras en spirales bien développés, NGC 6384 est l’une des galaxies les mieux étudiées quant à la distribution de ses régions H II, comme le montre la liste des publications suivantes :

 

- P. W. Hodge and R. C. Kennicutt, 1983.

- D. M. Elmegreen and B. G. Elmegreen, 1984.

- C. Feinstein,1997.

- F. Bresolin, R. C. Kennicutt, and D. R. Garnett, 1999.

- C. García-Gómez, E. Athanassoula and C. Barberà 2002

- C. Garsia-Gomez, E. Athanassoula, and C. Barbera, 2002.

- F. Bresolin and R. C. Kennicutt, 2002.

- J. H. Knapen, S. Stedman, D. M. Bramich, S. L. Folkes, and T. R. Bradley, 2004.

- M. Sanchez-Portal, A. I. Diaz, E. Terlevich, and R. Terlevich, 2003.


Ceci étant, malgré le nombre important d'étude où elle apparaît, on peut dire en gros que les propriétés des régions HII de cette galaxie AGN ne diffèrent pas de manière significative des propriétés des régions HII des galaxies "normales". 

Sans caractéristique extraordinaire, donc, elle fut pourtant le premier objet observé avec l’instrument GHαFaS (interféromètre de type Fabry-Pérot) du Télescope William Herschel de 4.2m à La Palma le 3 juillet 2007, dont la carte de cinématique à haute résolution (0.4 arcsec / pix, couvrant un champ de 4 × 4 arcmin) est reproduite ci-contre.

Les données cinématiques à haute résolution en Hα confirment le peu de formation d'étoiles dans les régions circumnucléaires et un champ de vitesse régulier au sein de la galaxie.

Sans caractéristique extraordinaire, donc, elle fut pourtant le premier objet observé avec l’instrument GHαFaS (interféromètre de type Fabry-Pérot) du Télescope William Herschel de 4.2m à La Palma le 3 juillet 2007, dont la carte de cinématique à haute résolution (0.4 arcsec / pix, couvrant un champ de 4 × 4 arcmin) est reproduite ci-dessous. Les données cinématiques à haute résolution en Hα confirment le peu de formation d'étoiles dans les régions circumnucléaires et un champ de vitesse régulier au sein de la galaxie.

Enfin, elle fut observée le 24 mars 2000 de façon indirecte par le spectrographe STIS - Space Telescope Imaging Spectrograph de Hubble lors d’une vaste campagne d’observation des trous noirs centraux des galaxies. STIS (spectre optique longue fente) est un outil de Hubble clairement calibré pour la chasse aux trous noirs (cf. lien).

 

Dans cette étude, les spectres des centres des galaxies couvraient cinq lignes d'émission [N II] (6549,9 A˚), H (6564,6 A˚), [N II] (6585,3 A˚) et [S I] (6718,3 et 6732,7 A˚)). Les images STIS des disques de gaz nucléaires (zone centrale galactique de 5’’ x 5’’ seulement !)  furent couplées à des images antérieures acquises en bande R avec le spectromètre NICMOS (Near-Infrared Camera and Multi-Object Spectrometer) afin de déterminer les champs de vitesse des disques nucléaires et donc de détecter la présence de trous noirs massifs centraux.

 

Ceci étant, dans le cadre particulier de NGC 6384 , il n’y eut pas de raie d’émission utilisable.

Images STIS, images NICMOS (Near-Infrared Camera and Multi-Object Spectrometer) et carte de couleurs résultante pour NGC 6384.

La flèche blanche sur l’image STIS indique une échelle de 1’’ et la direction y des fentes spectroscopiques.

Aussi bien l’image  STIS que l’image NICMOS apparaissent lisses et presque sans relief ; la galaxie ne présente pas de lignes d'émission dans le spectre (Le spectre STIS est d’environ 5’’ x 5’’ avant rotation, l’image est pivotée afin que le nord soit en haut et l'est à gauche.

 

 

Enfin, deux supernovas répertoriées :

  1. SN 1971L :  de type Ia, survenue le 24 juin 1971 et dont la magnitude visuelle maximale a été de 12,85 vers la fin du mois de juin. Située à 27 "est et 20" au nord du noyau elle était le long d'un bras en spirale, ce qui suggère que le géniteur ne faisait pas partie de la population stellaire plus ancienne et plus évoluée de la galaxie.
  2. SN 2017drh, en mai 2017.

Vue par Hubble, un zoom sur 70 000 années-lumière :

détails dans les amas d'étoiles bleues et les bandes de poussière de la galaxie lointaine le long de magnifiques bras en spirale,

ainsi qu'un noyau lumineux dominé par la lumière des étoiles jaunâtres.

Les étoiles individuelles visibles sur cette photo se trouvent toutes au premier plan, relativement proches, car dans notre galaxie. Elles sont facilement reconnaissables à ce qu'elles présentent des aigrettes de diffraction.

La qualité du ciel ce soir là...

Sources :

 

A high-resolution look at ngc 6384: the first object observed with GHαFAS. K. Fathi, J. E. Beckman, O. Hernandez and C. Carignan. Dynamics of Galaxies and Galactic Nuclei. EAS Publications Series, Vol. ?, 2007

 

Analysis of the distribution of HII regions in external galaxies IV. The new galaxy sample. Position and inclination angles. C. García-Gómez, E. Athanassoula and C. Barberà. A&A Volume 389, Number 1, July I 2002

 

An atlas of HII regions in 125 galaxies. P. W. Hodge and R. C. Kennicutt, Astron. J., 88, 296, 1983.

 

H II Regions in Southern Spiral Galaxies: The Hα Luminosity Function. C. Feinstein, Astrophys. J. Suppl. Ser.,12, 29, 1997.

 

Structure and star formation in disk galaxies. II. Optical imaging. J. H. Knapen, S. Stedman, D. M. Bramich, S. L. Folkes, and T. R. Bradley, Astron. Astrophys., 426, 1135, 2004.

 

Analysis of the HII Region Distribution in External Galaxies-Part Three-Global Properties and the Radial Distribution. C. Garsia-Gomez, E. Athanassoula, and C. Barbera, Astron. Astrophys., 389, 68, 2002.

 

Blue and near-infrared surface photometry of spiral structure in 34 nonbarred grand design and flocculent galaxies. D. M. Elmegreen and B. G. Elmegreen, Astrophys. J. Suppl. Ser., 54, 127, 1984.

 

Structural parameters of nearby emission-line galaxies. M. Sanchez-Portal, A. I. Diaz, E. Terlevich, and R. Terlevich, Mon. Notic. Roy. Astron. Soc., 350, 1087, 2003.

 

Optical Spectroscopy of Metal-rich H II Regions and Circumnuclear Hot Spots in M83 and NGC 3351. F. Bresolin and R. C. Kennicutt, Astrophys. J., 572, 838, 2002.

 

The Ionizing Stars of Extragalactic H II Regions. F. Bresolin, R. C. Kennicutt, and D. R. Garnett, Astrophys. J., 510, 104, 1999.

 

ARGOS at the LBT. Binocular laser guided ground-layer adaptive optics. S. Rabien et al. Astronomy & Astrophysics A&A 621, A4 (2019)

Page créée le 25/01/2019